De recruteur junior à fondateur de plusieurs cabinets : interview.

Alexandre Demarquilly est consultant en recrutement et fondateur de Talents Groupe, réseau de recruteurs indépendants spécialisés.

Il a commencé sa carrière dans le recrutement après des études de psychologie . Consultant Performer n°1 en France au sein d’un grand cabinet, il a tout quitté pour se mettre à son compte. Il nous parle dans cet interview de son parcours.

Comment as tu réussi à trouver ton premier poste de consultant en recrutement ?

Après des études en psychologie (Master 2 Psychologie du travail), j’ai souhaité ancrer mon expérience dans le monde de l’entreprise.

Le poste de consultant en recrutement m’a tout de suite attiré car il allie 2 dimensions que j’affectionne : l’une commerciale et l’autre RH. J’ai postulé à plusieurs opportunités sur Paris.

Après plusieurs entretiens et propositions de poste, j’ai décidé de rejoindre en Avril 2015 un grand cabinet parisien.

Combien de temps es tu resté en poste ?

J’ai travaillé 3 ans et demi au sein de ce cabinet. D’abord affilié au bureau de Versailles dans le cadre du développement d’un nouveau secteur, j’ai finalement rejoint le siège à Paris 8.

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué au cours de cette expérience ?

J’ai tout de suite été séduit par l’aspect transversal du poste.

En tant que consultant en recrutement nous travaillons pour des entreprises très diverses, aux histoires et enjeux radicalement différents. C’est encore aujourd’hui pour moi l’aspect le plus passionnant du métier. J’aime également beaucoup échanger avec les candidats, apprendre à les connaître et les aider dans la recherche de la meilleure opportunité professionnelle pour eux.

Comment es-tu devenu consultant en recrutement indépendant ?

Le métier de consultant en recrutement est passionnant. Mais les cabinets traditionnels offrent un climat trop pressurisant.

Même après des années d’ancienneté, il y a toujours cette impression d’être assis sur un siège éjectable.

Les fameux KPI rythment nos semaines, au point où de nombreux consultants quittent le navire après 2 ou 3 ans. Il existe dans ce secteur un turn-over énorme, que déplorent de nombreux clients qui préfèrent les relations humaines durables.

Pour toutes ces raisons j’ai senti qu’il était temps d’aborder le métier de consultant en recrutement dans un contexte nouveau. L’indépendance m’a permis de gagner en liberté et de travailler à ma façon. Je gère désormais en toute autonomie mes objectifs et mon planning. J’ai enfin la sensation de faire un métier que j’aime dans un cadre qui m’épanouit pleinement.

Est-ce que tu as hésité à te lancer ? Est-ce que tu as eu peur ?

Je n’ai absolument pas hésité et j’ai eu dès le démarrage la certitude de la réussite du projet.

Ce n’est pas à mettre au crédit de l’inconscience ou d’un orgueil démesuré, c’est plutôt que j’avais grâce à mes années d’expérience la connaissance du métier et du marché.

Quand on enchaîne les années avec une certaine régularité, il y a toutes les raisons que cela continue, même dans un contexte différent. Ne dit-on pas souvent que les clients travaillent davantage avec un consultant qu’avec un cabinet ?

Comment as tu réussi ce passage du recruteur salarié au recruteur indépendant ?

Il a fallu rapidement que je m’impose une rigueur et une discipline dans le travail.

Il peut vite être tentant de profiter de cette flexibilité pour faire mille autres choses que son activité de consultant. Mais ayant déjà été étudiant à l’université, et par ma personnalité, j’ai su adopter en toute autonomie un rythme de travail soutenu.

“La différence, c’est que je ne subis plus de KPI, je me fixe moi-même les objectifs que je souhaite.”

En réalité, je fais des horaires comparables à ce que j’avais connu avant. Mais je profite de ma liberté horaire pour caler des rdv persos dans la semaine, faire les courses quand les magasins sont vides, aller à la salle de sport en dehors des heures de pointe.

Niveau administratif tu peux nous raconter ce que ça a représenté ?

La création de la société a été beaucoup plus simple qu’on l’imagine souvent. J’ai mené seul toute la procédure de création de la société.

Les étapes sont simples :

  • édition des statuts (modèles disponibles en ligne)
  • création d’un compte bancaire professionnel
  • parution dans un journal d’annonces légales
  • dépôt du dossier complet au Greffe.

Cette procédure m’a pris deux semaines et m’a coûté environ 300 euros.

Ce qui a été beaucoup plus lourd, à la fois en termes de temps et de finance, c’est le choix de toutes les solutions type CRM / outils de prospection / outils de sourcing.

Tu as ensuite créé Talents Groupe, un réseau pour recruteurs indépendants. Tu peux nous en dire plus ?

Justement, cet aspect du choix et du financement des solutions / outils peut rebuter des consultants en recrutement à se lancer seuls.

Beaucoup de professionnels du secteur aiment profondément le recrutement, mais pas l’aspect administratif. J’ai voulu créer un modèle qui leur permette d’accéder à l’indépendance sans gestion et sans risque. Talents Groupe propose les avantages des cabinets de recrutement traditionnels et de l’indépendance, sans leurs inconvénients.

En tant qu’indépendant chez Talents Groupe, on bénéficie : d’un positionnement expert sur le marché, des meilleurs outils de sourcing et de prospection, du marketing du réseau (référencement, jobs entrants …) et d’un lien social qui est tellement plus agréable que d’être isolé !

Nous nous réunissons tous les lundi matin pour une visio au cours de laquelle on parle aussi bien des problématiques professionnelles que nous rencontrons, que de notre dernière randonnée du week-end !

Comment tu imagines la suite ?

J’étais encore seul il y a un an jour pour jour. Nous sommes en ce début Avril 2022, 8 consultants au sein de Talents Groupe.

Tout cela en autofinancement, avec 0 turnover, et la création de 2 nouvelles marques. Le développement est simple : renforcer les marques existantes avec l’arrivée de nouveaux consultants, et en créer de nouvelles si de nouveaux consultants ont des spécialités différentes.

J’ai énormement d’échos positifs quant au modèle de Talents Groupe.

Cela plaît à beaucoup de consultants. Le modèle répond à une demande qui est de plus en plus partagée par les consultants en recrutement. Attention toutefois au risque de croissance démesurée.

Je veux avancer calmement, sans précipitation, en consolidant les fondations.

J’envisage quelques intégrations par an ; de 8 aujourd’hui, nous pourrions ainsi être une vingtaine à horizon 3 ans, en imaginant la création de 2 nouvelles marques telles que Talents Office ou encore Talents Médical.

Que conseillerais-tu aux recruteurs encore salariés ?

S’ils sont heureux dans le cadre du salariat en cabinet traditionnel, je leur conseille bien entendu de continuer.

Si toutefois ils se sentent de moins en moins bien, ne surtout pas se complaire dans ce qu’on appelle souvent dans le milieu une “prison dorée”.

Bien souvent les consultants redoutent l’application de la clause de non-concurrence. Elle a pourtant un caractère limité géographiquement et sur un type de métiers.

On peut donc la contourner plus facilement qu’on le croit.

Enfin, les aides financières sont très favorables en France, notamment avec la possibilité de bénéficier d’une allocation chômage tout en développant une activité entrepreneuriale, par exemple de consultant en recrutement indépendant. Si on rejoint en plus un réseau comme Talents Groupe qui supporte tous les coûts, on a donc la possibilité de bénéficier de la liberté qu’apporte l’aventure entrepreneuriale sans risque financier.

Il n’y a finalement plus de vraie raison de ne pas avancer dans cette voie, si ce n’est des barrières psychologiques paralysantes. Je leur dirais donc de dépasser ces barrières. Osez vous lancer. Vous avez tout à y gagner !

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